Affichage des articles dont le libellé est conseils d'amis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est conseils d'amis. Afficher tous les articles

jeudi 19 novembre 2015

Sur le frigo...


"Sur le frigo, j'ai accroché,
La dégustation à ne pas manquer.
Car en ce mois de novembre pluvieux et menaçant,
Il y aura là des rouges joyeux et des blancs réjouissants."


Ainsi commence le poème qui nous mène au nouveau rendez-vous parisien du Vin de mes Amis. Comme chaque année, tous les copains sont là (liste ci-dessous), les prestigieux comme les nouveaux, de la Loire à la Corse et du Muscadet à l'Alsace. Les Richaud viennent en famille retrouver leur amie Aubery (Gramenon, of course...). On y croisera aussi, entre autres les Breton (Bourgueil), les Clairet (Arbois), les Senat (Minervois), les Valette (Macon), les Foillard (Morgon), les Gautherot et leurs voisins Jacquesson (Champagne) ou la tribu Arena (Patrimonio). On en passe...

Mais on viendra aussi de Patagonie (Piero Incesa), de la Rioja (l'incomparable Rivière) ou des Dolomites (Elisabeta Foradori) pour défiler à la Maison de l'Amérique latine.

Même Tolmer y fera un saut pour boire quelques "glouglous" et dédicacer son nouveau bouquin.

C'est un rendez-vous de professionnels, mais les lecteurs du blog y ont comme toujours accès, à condition de s'en revendiquer. Pourquoi s'en priver?

Je suis sûr qu'en sortant de là, vous chanterez et peut-être écrirez vous, vous-même la fin de mon petit poème...


Le vin de mes Amis à La Maison de l'Amérique Latine, le lundi 30 novembre de 10 à 18 heures - 217 boulevard Saint Germain, 75007 Paris, métro Bac ou Solférino.

vendredi 26 août 2011

Hamid, en Pente Douce.


Bien entendu, la photo est floue. Forcément... Hamid bouge tout le temps. Pas moyen de saisir l'animal. Il s'agite sans cesse, des poêles aux fourneaux, du frigo à la planche à découper, du tiroir à épices à la bouteille d'huile d'olive posée en équilibre sur un coin de bar. Insaisissable. Qu'il soit chez lui, dans son restaurant ou qu'il s'empare de la cuisine de ses amis, ce cuisinier est un feu-follet.
"C'est chaud, là! C'est chaud!", lâche-t-il en surveillant les oeufs pochés au bleu des Causses, qu'il servira tout à l'heure accompagnés de tuiles de parmesan à l'huile d'argan.
Car chez Hamid, tout est "chaud, chaud", comme il dit. Les oeufs à peine dressés, le voilà qui attrape le couscoussier dans lequel il va "faire bailler" les belons, avant de les rouler dans la chapelure. Ce jour-là, Il a prévu de les servir avec un risotto à la crème de laitue. Un autre jour, le visiteur aura droit à une tartine de pot au feu, un caviar de hareng aux blinis de pomme de terre et au fameux fondant au chocolat de Saint Domingue (sans sucre!) et son caramel de verveine... Le tout, selon l'inspiration de cet autodidacte.
"La cuisine, je l'ai apprise dans les jupes de ma mère, raconte-t-il une poêle à la main en attendant de faire flamber les fraises. Ma mère c'était quelqu'un d'incroyable... Dealeuse d'alcool au Maroc, en pays d'Islam. Une forte femme, une femme libre... J'ai grandi entouré de femmes, dans leurs cuisines. Elles m'ont tout appris. Et puis je suis venu ici, chercher mon père... Et j'ai trouvé la France, ses produits incroyables, son terroir. Et Tiphaine."
Tiphaine, c'est cette jolie brune qui court d'un bout à l'autre de la petite salle bondée, un sourire aux lèvres, une bouteille de vin nature dans une main et les plats dans l'autre. En pure languedocienne, elle lui a fait découvrir les vins du cru, de ceux qui s'entassent dans le cabanon, au fond de la petite cour. Mais, à coté des Languedoc de chez Senat, Magnon, Palacios (en photo avec le chef à gauche), d'un petit producteur du Gers ou du Frontonnais avec qui "le courant est passé", on peut aussi se régaler d'un Arbois de chez Tissot, d'un Bourgueil de chez Breton ou d'une bouteille de Champagne Selosse (!). Sous ses allures bohème, Tiphaine sait se montrer intraitable sur la qualité des nectars servis ici.

Parfois, le midi, un minot se faufile sans égard entre les petites tables. C'est Bilal, leur fils de dix ans. Peut-être est-il de retour d'une de ses virées à l'autre bout de la ville ou son père l'envoie parfois, à la sortie de l'école, récupérer l'énorme pièce de boeuf ou les fromages qu'il n'a pas eu le temps d'aller chercher.
"Ca se fait comme ça, gentiment", insiste Hamid. On ne se prend pas la tête". Et il ajoute en balayant du regard sa cuisine encombrée: "tout de même, souvent, c'est chaud... C'est chaud...".
Mais c'est ça le secret, non?


"La Pente Douce", 19 avenue de Grande Bretagne, à Toulouse. 05.61.49.51.13. Menu à 16 euros le midi. 20 euros le soir...

dimanche 10 juillet 2011

Quand Parker s'encanaille...


Robert Parker, c'est connu, aime les vins boisés. Surtout les Bordeaux, qu'il a contraint en quelques décennies à coller à son propre goût. On sait moins que le redouté critique américain (photo à droite) est d'abord un fanatique du Rhone, version Chateauneuf. La charpente, toujours... Stupéfaction - et signe des temps? -, on découvre que le Pape de la dégustation made in wood est capable désormais d'encenser des vins qui ne lui ressemblent pas.

Ainsi, dans la dernière livraison du Wine Spectator, Gauby (Roussillon) reçoit un 97 pour sa Muntada et Jean-Baptiste Sénat (Minervois) un 94 pour son Bois des Merveilles. L'équivalent d'un prix d'excellence dans la notation Parker... Pour l'un de ses plus farouches détracteurs! Car Jean-Baptiste, c'est l'archétype de l'"anti-Parker": Le pro-terroir, le bio, l'opposant farouche à ce fameux "boisé qui fait vendre" et à cette "fausse typicité" qui fait qu'au final "tout à le même goût". Sénat, c'est plutôt Mondovino que Parker and co... Et malgré celà, le Maître lui fait envoyer une brassée de fleurs:
"Ce Bois des Merveilles 2008 est un vin tendre et musqué qui recèle une variété de saveurs exceptionnelle, se pâme la revue américaine. Il allie le parfum des narcisses et des pivoines avec une belle concentration de groseilles et de mûres, y ajoute des notes iodées et tourbées - comme celles que l'on retrouve dans un bon whisky - et termine sur des accents doux-amer de réglisse et de noix. La bouche est ample, longue et persistante. Et l'on ne boude pas la belle fraîcheur qui donne à ce vin l'allure troublante d'un grand de Bourgogne".
Bigre... Ce ne sont plus des fleurs, c'est une couronne! Et voilà que Parker, échappant à sa propre caricature, semble tourner le dos aux cuvées puissantes qu'il a adoré pour emprunter des chemins de traverse et couvrir de lauriers un vin frais à dominante de carignan, discrètement poivré de mourvèdre. Patiné en (vieux) fûts de chêne, certes... Mais si discrètement que l'on n'y sent jamais le bois. C'est plus qu'une évolution... Presque une révolution! Flatté, le Senat le rebelle?
"Bien sûr, certains diront que ça ne sert à rien, réplique le vigneron de Trausse... Mais à nous, oui, bien sûr, ça nous fait plaisir!"
Moralité: Robert serait infiniment plus ouvert qu'on ne le dit... Et Jean-Baptiste Sénat, bien plus fréquentable qu'il ne se plaît à le laisser penser. Deux infos en une.


mardi 3 mai 2011

La cantine de Robert


C'est un taiseux, Robert. Il parle peu. Au mieux, il marmonne. Comme si les mots ne trouvait pas la force de franchir autrement que sur la pointe des pieds le seuil de son épaisse moustache. Il a pourtant une belle voix, une voix chaude à la Brassens, héritée de ses Corbières natales. Mais il est comme ça: silencieux par tempérament. A l'heure où d'autres cuisiniers déclament, se rengorgent et font des phrases, lui fait des économies de salive. Difficile d'imaginer que ce discret a un jour mené à la baguette - et donc à la voix - la brigade d'un Deux Étoiles corse, à Erbalunga...
"En fait, tu vois, justement, j'en ai eu marre...", lâche-t-il. "Marre de faire payer aux gens les dix serveurs, la serviette sur le bras, les assiettes dorées, la salle immense et les courbettes. J'avais envie qu'en venant chez moi, on ne paie que le produit. Tout le produit... mais rien que le produit! Alors j'ai rentré les voiles...".
Et voilà comment, tel un Senderens ou un Constant, Robert et sa femme ont envoyé valser les étoiles et posé les valises à Carcassonne, dans cette salle de trente couverts récemment relookée bistrot des années quarante. Lui, seul, dans une cuisine minuscule où il expérimente sans cesse de nouveaux accords. Elle en salle, à guetter le bonheur des clients. Car si le couple est discret, les plats, eux font causer. Ce sont de grands bavards, du genre généreux et volubiles, qui racontent le Sud avec passion et nous régalent de la nature et de ses saisons.

Ici, la carte est un programme et l'assiette un poème. On se régale d'une "omelette baveuse d'asperges vertes et de morilles" ou d'un "saucisson de foie gras aux truffes de Cabrespine et lait de géranium". On enchaîne sur une "tête de veau... cuisson lente... sauce gribiche" (un régal... photo à droite) et on se damne pour le Parmentier de "boudin de cochon noir fermier, pomme de terre du pays de Sault, oignon doux et pommes Chantecler de Marseillette". Sans pour autant refuser une petit mousse au chocolat Maraluni ou le "millefeuille de fraises caramélisées". C'est subtil, pas prétentieux et tout entier dédié à la seule cause qui vaille: le goût. Et, bien sûr à ceux qui savent le faire vivre et prospérer.

Car un coup d'oeil à la carte suffit à comprendre que dans cette entreprise Robert ne manque pas de complices: les chèvres de son fameux tasté viennent "de la ferme du Prunet", les premières asperges ont été récoltées par "l'ami Roger Villa" à Cavanac, le cochon noir par "François à Fajac en Val", les garriguettes d'Ariège viennent chez "l'ami Bernard" et les morilles ont été
dénichées par sa "copine Kiki" dans son "coin secret". Pas de pose dans tout cela. On a juste le sentiment troublant d'être en famille, entourés de copains, qui vous ont réservé le meilleur de leur Art.

Et les vins me direz vous? Et bien ils chantent, eux aussi, à la carte la gloire de leurs régions natales et du travail bien fait. Joli mélange entre les amours anciennes et les nouvelles. On y trouve les cuvées de Senat, les Corbières de Magnon, la Malepère de Palacios, mais aussi le Beaujolais de Thevenet ou le grotte di sole d'Antoine Arena. Bref retour à cette Corse qu'il a tant aimé. A sa manière, finalement, il est bavard Robert.

L'atelier de Robert Rodriguez, 39 rue Coste Reboulh, 11000 Carcassonne. Tel: 0468473780

dimanche 13 mars 2011

L'Anglore au Foulard


L'histoire m'est revenue en retrouvant dans les recoins de la cave une bouteille oubliée. Un magnum, acheté il y a trois ans chez un caviste militant: un vin "anti-conformiste", comme le proclame fièrement le lézard malicieux qui orne l'étiquette. Unique en son genre. Et pas très légal, ce qui - évidemment - ne gâche rien... Comme souvent, tout commence par un pari d'ami. Deux vieux compagnons de route, Eric Pfifferling et Jean-François Nick décident de mêler le sang de leurs raisins. Et peu importe que ce soit interdit puisque l'un creuse son sillon en Languedoc, au domaine des Foulards Rouges et l'autre à Tavel, dans le Sud des Côtes du Rhône... Les voilà décidés une fois de plus à dynamiter les normes et les AOC.

A quatre mains, les deux amis accouchent bientôt d'une nouvelle créature: un subtil mélange de puissants grenaches languedociens et de syrahs rhodaniennes. Un hybride tout en fruit, détonant en bouche et inclassable... Ce qui, on l'a compris, était précisément le but!


On peut aussi boire et relire: "Heureux qui comme Eric..." et les aventures des copains du groupe de la "Remise" dans "Sous le manteau".

mardi 15 février 2011

La plume et le sécateur


Les vignerons écrivent peu. "On le ferait bien mais on trouve pas le temps... Tu comprends?", répondent-ils invariablement, avec l'air navré de ceux qui regrettent que les journées ne fassent que vingt-quatre heures. "Écrire, ah oui... J'y ai pensé..." se lamente cet autre. "J'en aurais des choses à dire...". Mais rien ne vient. La vérité, c'est que la plupart préfèrent de loin le travail des vignes et de la cave au cliquetis d'un ordinateur. Le sécateur à la plume.

Raison de plus pour ne pas bouder ceux qui, comme Catherine Bernard, se jettent à l'eau. Il faut dire qu'il y a six ans encore, la plume, c'était son métier:
"Un matin de février 2005, raconte l'ex-journaliste dans le livre qu'elle vient de publier, j'ai enfilé un treillis, des chaussures montantes, une casquette de chasseur ultra-moche avec des oreillettes en fourrure synthétique et je suis montée dans ma voiture (...) pour aller tailler ce qui allait être mes vignes: un hectare de mourvèdre et de grenache. J'apprendrais quelques mois plus tard que le grenache n'était pas du grenache mais du marselan, un cépage clandestin".
Le vendeur n'avait pas jugé bon de la prévenir, bien sûr. Trop heureux de refiler le mistigri à la "fille de la ville". Ce premier jour, Catherine taillera 106 malheureuses souches, "à peine une rangée", quand un professionnel en abat 500 à 800.

Quelques pages plus tard, une autre scène qui en dit long sur la fraîcheur de l'accueil: juste avant la signature définitive de la vente, alors qu'elle a déjà commencé à tailler, elle croise son voisin de parcelle à la Copal, "le Gamm vert des vignerons":
"Vous taillez où? A Saint Drezery? Ah! C'est vous?". Et le type d'ajouter aussitôt sans lui laisser le temps de répondre: "Perdez pas votre temps, les vignes vous les aurez pas."
Et pourtant, six millésimes plus tard, Catherine est toujours là, sur la terre de La Carbonelle, appliquée à tailler ses 4876 souches. Même si "vigneronne ça sonne mal, ça fait pochtronne", comme lui fait remarquer élégamment son directeur de formation. Ou si "le bio de toute manière c'est de la connerie". Le résultat de ces six années d'apprentissage tient dans la main: c'est un rectangle vert et long de 232 pages, à la fois lucide et sans fausse pudeur.

Pas amère pour deux sous, la vigneronne y passe en revue les coups durs et les coups bas. Les petits bonheurs, les doutes et les joies aussi. L'oïdium et le mildiou. "Le cyclope de Philippe", ce chenillard qui ne tasse pas la terre. L'incertitude du ciel et de la cave. La complicité des copains et la solitude du vigneron. Bref: la découverte d'un métier dont elle sait déjà que "sa vie ne suffira pas" à en découvrir tous les secrets, parce "qu'une vie de vigneron se résume à trop peu de vins". Elle conclut ainsi:
"Le soir, mon corps pèse des tonnes, je suis un cube, une masse dense et brute, comme les femmes des tableaux de Picasso (...) Le travail rend vaines les gesticulations de la volonté. Elle anéantit l'agitation des petits moi".
Et on croit comprendre qu'elle a trouvé dans sa nouvelle vie une définition toute personnelle du bonheur.


"Dans les vignes" de Catherine Bernard est publié aux Editions du Rouergue (20 euros).

On lira aussi avec profit: "les bonnes feuilles" du livre sur le blog de Catherine... Et si le coeur vous en dit: In Vino Libertas, le portrait que le VdmA lui avait consacré en 2008.

dimanche 16 janvier 2011

Inaki, coté Tapas.


Du marbre partout, un éclairage tout blanc et du bruit. Beaucoup de bruit. Mais le sourire et les joues de la barmaid sont aussi rouges que les vins qu'elle recommande avec passion et l'assiette est spectaculaire. Les assiettes, plutôt... Car au "Dauphin" - même si on n'aime pas le mot - on joue à fond l'esprit tapas, loin du menu unique du "Chateaubriand" voisin.

Ici, les portions (et les prix) sont réduites pour mieux profiter du voyage. On peut ainsi, sans crainte d'indigestion, alterner une brandade Spumante et un parmentier de lièvre et glisser des huîtres "boudeuses" aux oursins au radiccio sans oublier d'honorer le "pluma" ibérico ou le cochon de lait à la peau croustillante.

Sarabande aussi, coté vins. Car là encore, au verre et au gré des plats, toutes les combinaisons sont permises. Dans le même repas, on peut faire cohabiter un Cairanne de Richaud, un Chenin de chez Mosse et un Regnié de chez Descombes. Sans oublier le formidable Bugey Cerdon de Christian Bottex, une merveilleuse alliance de Gamay et de Poulsard, idéale sur la crème chocolat poire (et la tarte citron?) du dessert.

En cuisine, Inaki Aizpitarte, ténébreux et le geste sûr, "lance la machine", comme l'explique Laurent, chef en titre, devant les murs-miroirs qui mènent aux fourneaux. Le successeur est un ancien du "Chateaubriand", of course. Chez ce basque-là, rien ne se perd... Tout se décline. Et on ne s'en plaindra pas.

samedi 8 janvier 2011

Amis, à vos agendas!


On me demande souvent où déguster mes Amis. Invariablement, je réponds que le meilleur endroit c'est chez eux, à la cave, ou mieux encore: dans les vignes... Mais on peut aussi les trouver chez tous les cavistes passionnés. Résultat des bonnes résolutions de l'année, ce club très select comptera bientôt une petite nouvelle. Après un an de Tour des vignes et quelques (très) rapides aller-retours à Londres, la délicieuse Emeline, alias "Em", a en effet décidé de tâter du grand bain. Avec une associée, l'ex-égérie de la cultissime Quincave s'est mise en tête d'ouvrir boutique à Paris.
"Dans les quartiers pop, dit-elle avec des étoiles dans les yeux. Eh, oui! Il faudra traverser la Seine et s'encanailler un peu!"
Passer à l'Est, pas de lézard. Mais à quelle adresse? Pour l'instant mystère et boule de gomme. Elle "visite des lieux", comme elle dit. En tout cas le rendez-vous est pris. Dés qu'elle tope on vous refile le tuyau!

En attendant, vous pouvez retrouver mes Amis, en chair et en os, au cours d'un de leur raouts annuels. Car si le vigneron est un animal solitaire aux champs, il ne déteste pas boire aux mêmes sources que ses congénères. Ainsi les 15 de "Changer l'Aude en vin" (Senat, Palacios, Azam, les Mann et les autres) seront-ils de sortie au Millésime Bio qui dresse comptoir du 24 au 26 janvier à Montpellier.

Dans le genre, on pourra aussi croiser du (très) beau monde du coté de Saumur les 30 et 31 janvier pour la Dive 2011. Certes, la dernière édition était un peu fraîche dans les douves du Chateau de Brézé, mais la maîtresse de cérémonie, Sylvie Augereau promet avec humour qu'on ne l'y reprendra plus:
"Aujourd'hui, jure-t-elle de sa plus belle plume sur le carton d'invitation, on n'a plus le droit d'avoir soif ni d'avoir froid! Cette année, le château sera mieux chauffé, mieux équipé, mieux éclairé, mieux nourri et toujours mieux abreuvé".
Roots, toujours donc... Mais en douceur.

Dans la série, les amoureux de vins d'Amis ont également rendez-vous les 12 et 13 mars en Nord, du coté de Seclin. 3ème édition du salon des "Vins natures en Nord" de l'inépuisable Luc Carpentier (qui aura en plus cette année réussi l'exploit d'être le 100.000 visiteur du blog). Autour de la "baraque à frite", on retrouvera là les grands classiques et quelques petits nouveaux que Luc est parti dénicher au grand damne la patiente clientèle de son cabinet de kiné lillois.

Attention... Si d'aventure vous laissez votre courriel à Luc, attendez vous à voir votre boite mail exploser au cours de l'année 2011. Cet ami là est du genre intarissable. "Un peu fou" comme il l'avoue lui-même... Il adore donner de ses nouvelles. :-).


dimanche 14 novembre 2010

VdmA, la dégust... Troisième édition!


Et on remet ça. Pour la troisième année consécutive, le lundi 29 novembre, les Vins de mes Amis se dégustent à Paris XII, au Paul Bert, chez l'ami Bertrand. De grands classiques, des petits nouveaux, les stars du vignoble et ceux qui méritent de
le devenir, des appellations renommées et quelques Vins de table qui valent le détour... Bref: les copains sont de retour!

Du A d'Arena au Z de Azam, du B de Breton au V de Valette, sans oublier les Gautherot, les Foillard, le Puzelat, les Senat et les 19 autres vignerons venus ensoleiller de leur passion la grisaille parisienne... Cette année encore le VdmA se déguste du Sud au Nord et d'Ouest en Est: de la Rioja à l'Arbois et de la Touraine au Rhône en passant par l'Alsace et le Languedoc.

Bien sûr, comme chaque année, la dégust est ouverte aux lecteurs du blog et aux aficionados de la page facebook. Il suffit pour cela d'imprimer ce post et de le présenter au comptoir en arrivant. Les verres vous attendent sur place entre 10 heures à 19 heures... Moi, je dis que ça se tente. Pas vous ?

lundi 21 juin 2010

La femme qui fait chanter les bouteilles


En passant par l'Ardèche, l'autre jour, l'ami Pierre Souillard est tombé sur une de ces petites caves qui font vivre le vin de nos amis. Et dont on parle trop rarement... C'était dans une petite rue d'Aubenas, me raconte-t-il. Une de ces rues qui montent vers le château et que les habitants descendaient jadis pour aller chercher l'eau à la rivière. Aubenas, 12.000 habitants, trois cavistes et... Caroline Chetreanu, celle qui fait "chanter les bouteilles":

"C'est un flacon qui m'a attiré l'oeil dans la vitrine, raconte Pierre encore émerveillé de sa découverte: "Bouchat", du bourguignon Guy Blanchard (Macon). Une merveille, une expédition en contrée exotique: légèrement frizzante par-ci, une couleur citronnée par là... Bonjour le voyage! du coup, j'ai pénétré dans la boutique sans réfléchir et là je me suis retrouvé en pays de connaissance: l'affiche de "Changer l'Aude en vin", les Arbois d'Octavin et les flacons de Xavier Ledogar... Et au fond, Caroline, tout sourire. Angevine de naissance, sommelière de formation et nature avec passion:
"Le vin nature pour moi, dit-elle, ce n'est pas une religion. Juste un plaisir... Un plaisir et toujours une rencontre. Ce qui est formidable avec ces vignerons-là c'est que la démarche finalement compte autant que le résultat!".
Résultat, justement: une belle adresse et une authentique sélection de vins d'amis. Ça vous rappelle quelque chose?"

Le Chant des Bouteilles : Vins - Bouquins - Petites Faims 11, rue Béranger de la Tour 07200 Aubenas. Tel: 06 60 28 99 18. Tous les samedis des 10h30, rencontres et dégustation des "vins natures" en présence de leurs auteurs.

dimanche 14 mars 2010

Le chti salon qui monte, qui monte...


"Ambiance magique - stop - voudrait arrêter le temps - stop - Le bonheur - stop - Luc"
Voilà le télégramme que nous envoie l'ami Carpentier depuis ses brumes nordistes. Vous avez compris le message: après les belles journées de Paris et de Castelnau, la version nordiste de la dégustation de nos Amis a remporté à son tour le week-end dernier un franc succès. 900 visiteurs, des carnets de commandes bien remplis, un organisateur sur un nuage et des vignerons comblés... L'effet "Vins Nature en Nord" a donc à nouveau joué à plein. Témoin, Frédéric Palacios (photo) dont les cuvées les plus atypiques - "C comme ça" (Carignan) et "M comme je suis" (Merlot) - ont fait un tabac:
"J'en reviens pas! disait-il lundi dernier de passage à Paris avant de regagner sa Malepère. J'ai jamais vu autant de monde autour de ma table, ni reçu autant de compliments (et de chèques :-D, ndla). Des dégustations comme ça, ça vous donne du coeur au ventre pour retourner se bagarrer... Chouette, vraiment!"
De belles quilles, de beau débats (sur la photo de gauche une discussion passionnée entre Marcel Richaud et Philippe Valette, de dos), sans oublier les pains natures d'Alex Croquet et un détour par "La Laiterie", du talentueux Benoît Bernard...

Qui dit mieux?

Luc Carpentier, bien sûr, déjà reparti pour l'édition 2011: "Obligatoire", assène-t-il avant d'ajouter avec gourmandise: "le bonheur ça ne se refuse pas!". Reconnaissez qu'il serait dommage de s'en priver...

mardi 2 mars 2010

Les Amis, du Sud au Nord...


Carton plein pour les copains, la semaine dernière au Domaine de Verchant, en marge de Vinisud. La première dégustation méridionale du VindemesAmis a réuni la bagatelle de 600 amateurs. De quoi rendre la maîtresse de cérémonie presque contente de son coup...
"On avait vraiment un bel éventail, s'enthousiasme Charlotte Senat: du sommelier du Petit Nice à celui du Parc, des cavistes aux importateurs, des danois, des suédois, des américains, des japonais (sur la photo à gauche, l'inévitable moustache de Monsieur Ito)... Il y avait des anonymes et des pros. Mais vraiment du gros niveau! Et pourtant pas guindé pour deux sous... Et surtout pas morose! 2009, c'était quand même une année rude, une année de crise. Ca nous a fait du bien de voir des gens à la recherche de vins différents, plus authentiques... Une dégustation comme celle-là, ça donne la pêche pour toute une saison. Non, c'était vraiment une journée fantastique!"
Au passage, certains lecteurs assidus du blog ont dit ailleurs tout le bien qu'ils en pensaient et Charlotte me demande de les remercier de leurs bémols comme de leurs
dièses.

Maintenant...

Pour ceux qui ont raté Paris et le Sud - ce qui relève tout de même d'une volonté un brin masochiste - je signale qu'il reste une petite chance de se rattraper en Nord, grâce au joli salon que l'ami Luc Carpentier organise le week-end prochain à coté de Lille, en partenariat avec le VdmA. La distribution y est, elle aussi, relevée. Seul le décor change: on troque l'accent du midi contre la "baraque à frite"... Et c'est reparti pour un tour!


Vins Nature en Nord rouvre ses portes les 6 et 7 mars prochain au Domaine Napoléon à Seclin. On peut lire ici l'article consacré à l'édition 2009...

jeudi 4 février 2010

LeVindemesAmis, plein Sud!


Chose promise, chose due. Après le succès du deuxième rendez-vous parisien en décembre dernier, voici venu le temps de la dégustation plein sud. Cette année, Le VindemesAmis (ex-Vinum Nostrum) et l'indispensable Charlotte posent donc leurs valises au Domaine de Verchant, du coté de Castelnau-le-lez.

Pour ceux qui fréquentent encore les foires surpeuplées, c'est pas bien loin de Vinisud. Et largement plus tranquille.

Mais attention, ce jour-là, 23 février, il y aura tout de même du très lourd: l'immense et fidèle Antoine Arena, le rarissime Didier Barral (Faugères), l'épatant Laurent Charvin et ses chateauneufs tout en fruits, Jean Foillard et Marcel Lapierre, les deux apôtres de Morgon, Marcel Richaud , l'incontournable seigneur de Cairanne, mais aussi les Mosse, les frères Puzelat, les Senat... Sans oublier les Breton dont les Perrières 2005 viennent de faire les gros titres du spécial loire la RVF...

Sans oublier les nouveaux venus et les jeunes pouces: le Chablis de Thomas Pico, le Cabardés de Guilhem Barré et le "Far Ouest" de Mylène Bru, qui aura habillé son tout premier millésime rouge (2008) pour l'occasion.

Au total, on trouvera sur place une cinquantaine de vignerons, un pomologue (ne ratez pas les "sydres" de l'ami Bordelet) et l'autre Barral qui, lorsqu'il ne vend pas des glaces au piment d'Espelette ou à la truffe, presse l'huile d'olive comme personne.

Rendez-vous le 23 février, de 10 à 19 heures, au Domaine de Verchant, 34170, Castelnau-le-Lez (Herault). L'entrée est libre, on vous demandera juste un petit billet (10 euros) pour prix du verre sérigraphié au nom du blog et que vous aurez le droit d'emporter avec vous. Entre autres souvenirs...

vendredi 22 janvier 2010

Délicieusement "Frenchie"!


Les guides les plus branchés appellent ça de la "popote néo-rosbiff", l'Express Style en a des vapeurs et le Fooding en a déjà fait son cuisinier de l'année 2009. Sur le papier, tout aurait donc dû nous tenir éloigné du Frenchie. Trop parisien, trop branché, trop encensé pour être honnête. Comme quoi, il ne faut jamais se fier à ses a-prioris...

Le Frenchie, en vérité se mérite. Et pas seulement parce qu'il faut s'y prendre trois semaines à l'avance pour y réserver une table le soir. Non. Mais parce qu'il faut accepter de se perdre en plein Sentier, entre Aboukir et Poissonnière. Slalomer entre les livreurs de tissus de la rue des Forges, dans des ruelles embarrassées de camions insensibles à vos urgences culinaires, pour enfin déboucher face au fameux "bistrot-dont-tout-le-monde-parle...".

Et parce qu'enfin arrivé la porte refuse obstinément de s'ouvrir...

Mais une fois entré, que du bon: la salle est cosy, on vous accueille sourire aux lèvres (si!) et - divine surprise - sur un grand miroir s'étale une sélection de vins très sud qui ne trompe pas: rue du Nil, Richaud et Senat tiennent le haut du pavé. On trouve même le très confidentiel "C comme Ça" de Palacios... Au verre! Il a beau jouer les modestes, l'iconoclaste maître des lieux a bon goût...
"Le vin j'aurais pas su en faire!" affirme Greg Marchand (photo, avec son trophée du Fooding 2009), en peaufinant son "shepperd's pie". "Alors je le sers... Et pour choisir, je me suis laissé guider. Conseiller. Tout ceux-là, ce sont des rencontres..."
Et de belles rencontres... Dans les verres, un Rasteau signé Elodie Balme aiguise les papilles. Le Grenache et la Syrah glissent tout seuls sur la "Salade de Betterave à l'orange et jus d'hibiscus" et la "Soupe au Choux de Pontoise au chutney de pomme kimchi". Étrange dialogue entre le nord de Londres et la banlieue de Paris, les Indes coloniales et le Sud de la vallée du Rhône.

Entre deux bouchées, on jette un oeil par la fenêtre de la cuisine où le "Frenchie" s'active en solitaire. Deux "dorades aux carottes et olives pourpres" glissent déjà par le passe-plat...
"Ne ratez pas le pot au chocolat... Une crème toute simple avec des litchis frais. Un délice!", nous glisse Sophie, la serveuse-bloggeuse que l'on a connu dans une autre vie chez Omnivore.
Une merveille, on confirme. Du coup, en quittant le restaurant, une heure plus tard, on se promet de revenir au plus vite. Peut-être un soir cette fois... Et puis, on se sent un peu perdu. On met même quelques secondes à réaliser que l'on n'est pas au bord de la Tamise, mais bien en plein Sentier. Au coeur de Paris. Oui, décidément, chez ce français-là, c'est dépaysant un déjeuner en ville.

Le Frenchie, 5 rue du Nil, 75002 Paris. Menu unique 21/25 euros le midi, 31/35 le soir.

mercredi 13 janvier 2010

Vive le Quebec libre!


On a déjà vanté ici les mérites d'un décapant web-caviste ukraino-américain. Il fallait démarrer l'année par une trouvaille. Un scoop. Du solide, du qui "ventile et qu'éparpille". Contrat rempli: voilà Aurelia la québéquoise. Attention, ne ratez pas le coche... Cet ange blond est déjà un phénomène! Débarquée sur le net le 15 décembre avec son "bu sur le web", elle a déjà conquis un millier de fan. L'accent, sans doute...


Et voilà le travail! Quand d'autres craquent devant Rothko, une robe de Saint Laurent ou une paire de Jimmy Choo, elle s'emballe pour un gorgée de Jura de chez Tissot, une bouteille Pinot gris de Deiss ou une caisse de Cerdon made in Bartucci. Rien que du vrai. De l'authentique, jure-t-elle:
"J’aime les vins qui parlent de leur millésime, de leur terroir, de leur créateur. Ceux qui donnent des émotions. J’aime bien davantage les vins bourrés de défauts qui bouleversent et qui font crier de joie, que les vins «clean» qui donnent envie de boire tout sauf du vin."
Évidemment, nous on souscrit, on s'enthousiasme, on s'extasie! Aux quatre coins de Québec qu'on irait la retrouver, la belle Aurelia... On l'aime déjà, elle et sa façon-sans-façon de parler du vin de nos amis, de ses "to do list", ses "vins d'après ski", de ses gorgées "glam" et ses Sancerre "qui goûtent la roche". On l'aime même lorsqu'elle nous vante, un peu partie, l'improbable "vin de piscine" qui serait - à ce qu'on lui a dit - "le drink le plus hot de Paris en ce moment"...



Personnellement, je préfère le Drappier dans un grand verre à vin et sans glaçon. Mais comme elle dit:
"On n'est pas obligés d'être d'accord. Vous pouvez aimer ou détester, ça demeurera entre vous et moi... Tant que vous m’aidez, à travers mon univers, à changer le monde du vin!".
Comment résister?

mercredi 18 novembre 2009

Sylvie s'en va-t-aux vignes


Certains pensaient que le Carnet de Vigne ne serait qu'un "one shot", comme on dit dans le métier. Un fusil à un coup... Que Sylvie Augereau, après avoir mis noir sur blanc avec Omnivore la liste de ses amis vignerons, ne trouverait pas matière à une seconde édition. Comme toujours avec Sylvie, on se trompait. La matière est bien là, riche et fruitée comme les vins qu'elle aime. Les hommes et les femmes aussi tels Michèle Aubery et Patrick Corbineau, Extra vignerons 2ème cuvée.

Du grand classique mais du très bon. Ça pourrait presque être un reproche: parmi ces 200 à peine 20 petits nouveaux. C'est qu'en vignes comme en vin, Sylvie est difficile. Pas du genre a changer de tête chaque année, parce que la mode ou votre éditeur vous imposent du nouveau. Le futur, il faut donc aller le chercher entre les lignes, dans ces rubriques qu'elle sème comme de petites graines, en marge de chaque page.

Ainsi, chaque vigneron a-t-il son "écosystème": un cuisinier qu'il aime, un voisin qu'il recommande, comme s'il vous glissait un secret à l'oreille. Les Lapierre vous mettent ainsi sur la piste d'Alain Chatel, Ostertag sur le chemin de Jean Schaetzel, les Senat glissent l'air de rien le nom de Frédéric Palacios (Malepère), les Selosse parle avec amitié de Vincent Dauvissat (Chablis)... Et les amis de ses amis deviennent à leur tour mes amis.

C'est comme ça que ça se passe aussi dans la vie, non?


lundi 16 novembre 2009

Bettane passe à table...


Pas rancunier, Michel Bettane. Malgré le surnom désagréable que nous lui avions trouvé à l'époque, l'auteur du guide éponyme a accepté votre serviteur comme "modérateur" lors d'un débat-dégustation. Thème du jour, en substance: "dis, Tonton Michel, pourquoi t'aimes pas le bio?".

Réponse de Michel Bettane, droit dans ses bottes et visiblement très irrité par les attaques personnelles qui ont fleuri sur le net:
"Je défends le bio depuis 25 ans. Mais je pense que les défauts, eux, sont indéfendables. Surtout par les ayatollahs du milieu, qui passe leur temps à exclure les autres... L'écologie oui, mais la religion non!"
Alors, oui, l'homme qui avait allumé la mèche avec ses "bio-cons" et déchaîné la polémique avec sa charge au vitriol dans l'Express a remis le couvert. Persuadé qu'il y a "tromperie sur la marchandise", il le répète, on ne joue pas avec les Appellations d'Origine Contrôlées:
"On fait ce qu'on veut en Vin de Table, là tout est acceptable. Toutes les tendances peuvent s'exprimer. Mais les AOC, elles sont sacrées. Elles font partie du patrimoine national."
Le tout avec une conviction certaine... Mais sans grande contradiction. Inexplicablement, les bios et leurs défenseurs, pourtant présents à la soirée-dégustation Autrement Vin se sont abstenus de prendre la parole...
"J'ai préféré partir, je me serais énervé! m'a dit l'un des plus virulents sur le papier.
Dommage. Du coup, il n'y a pas eu débat.


On peut utilement relire son Bettane dans l'Express ou la caricature évidemment scandaleuse qui en avait été faîte sur ce blog ("le grand retour de Torquemada") et d'autres ("The bettanish inquisition", etc...).

jeudi 5 novembre 2009

VdmA, la dégust... Le retour!


Avis aux amis de mes amis vignerons... Et particulièrement à ceux qui ont raté le coche l'an dernier: la Dégustation du VindemesAmis revient à Paris le 30 novembre prochain chez les copains Paul Bert et de l'Écailler (l'adresse est sur le carton). Elle est ouverte et gratuite pour tous les lecteurs du blog : il suffit d'imprimer le petit carton brun ci-contre et de pointer le bout de son verre le jour-dit.

On y retrouvera bien sûr les "stars": les Arena (Patrimonio), Breton (Bourgueil), Senat (Minervois), Valette (Macon), Gautherot (Champagne) ou Foillard (Morgon). Les copains de l'Aude (Azam, Mengus et Palacios), le gang de la Loire (Puzelat et Reau), les flibustiers de Bourgogne (Montanet, Roch, Pico), le club des alsaciens (Meyer et les Bott)... J'en passe et des meilleurs: du Jura aux Baux de Provence et de Fronsac à l'Ardèche. La liste détaillée est sur facebook, ici.

Parmi les nouveaux, mentions spéciales pour les Cortellini et leur Rouge Garance (qui nous avaient manqué l'an dernier) ainsi qu'à l'intrépide Jean-Christophe Comor, qui nous a finalement concédé que la dégustation du VdmA pouvait être l'une de ces "Terres Promises" après lesquelles il coure depuis vingt ans.

Pour le reste attention: à la dégust, on déguste, on se saoule de mots et de vignes... Mais on n'achète pas. C'est un moment de plaisir et de rencontre.

Enfin que les sudistes le sachent, cette année après avoir fait escale à Paris, le VdmA prendra la direction de Montpellier pour se payer le 23 février le "Off" de Vinisud (on vous tiendra au courant). Ça se fête, non?

On peut lire aussi le récit de la dégustation de l'an dernier. Ça peut donner envie...

samedi 27 juin 2009

La revanche de mon Père...


La RVF couvre ce mois-ci de lauriers un certain nombre de nos amis. Coté rouge: Barral, Senat, Cortellini, Elian da Ros et quelques petits nouveaux comme les Deux Ânes ou l'Anhel (Corbières)... En cidre, l'inimitable Bordelet. Mais c'est dans la catégorie rosé que le VdmA tient sa revanche. Grâce au "Brin de folie" de Frédéric Palacios (classé 5ème en Languedoc):
"Le rosé du Mas de mon Père est irréprochable, écrit Philippe Maurange. Un nez délicat, tout en gourmandise et précision aromatique, d'un superbe naturel. Fruit très croquant, sans lourdeur. C'est délicieux, long et finement épicé. Idéal tout au long du repas."
Pour mémoire, c'est ce même rosé que l'inénarrable Comité d'agrément de la Malepère avait doublement averti il y a quelques mois pour "goût de papier" et "manque de netteté". A mon avis, l'un des deux se goure. Mais lequel? Comme dirait Coluche: "la réponse est inclue dans la question... Je fais qu'un voyage!".

Episode précédent: "AOC, rien ne change". A propos des commissions d'agrément on peut aussi lire: "La grosse colère de Marcel", "Vous avez dit typicité" ou encore : "les Caves se rebiffent". Entre autres...

jeudi 4 juin 2009

Vive la negrette!


Une découverte, comme ça sur un coin de table... Le cadeau d'un critique avisé, plus connu pour ses amours bordelaises et sa passion des Chateauneuf que pour sa religion du bio. Ce jour-là, Denis Saverot, le rédacteur en chef de la vénérable Revue des Vins de France, tient pourtant à montrer qu'il partage quelques convictions avec le VdmA:
"Tu aimes les vins natures, non? Tu vois, celui là, il est même Demeter (certifié selon les règles de la biodynamie, ndla). Moi j'adore... Alors?" 
La bouteille est signée Thierry Michon. Cuvée Poiré. De ce cépage que l'on ne trouve plus guère qu'au sud, du coté du Frontonais et que les anciens appellent encore le "ragoûtant". C'est tout dire.
"C'est un 100% Negrette", traduit mon hôte, avant d'énumérer en dégustateur avisé: "Cacao, cassis, violette... Une belle matière. De la fraîcheur. Du beau boulot, tu vas voir..."
Rond et joliment tannique, le Poiré fait merveille sur le cochon de lait au chou croquant que nous dévorons ce jour-là au Pré Verre. L'étiquette affiche l'appellation Fiefs vendéens, une minuscule VDQS, de quelques centaines d'hectares, à quelques encablures des Sables d'Olonnes. Ici, entre marais, mer et forêt, des passionnés continuent à faire fleurir des cépages que l'on a presque oublié: le Grolleau (ou Groslot) gris, le Melon et cette fameuse Negrette. Chez Michon, elle pousse sur des schistes magnifiques, en bord de mer. Obstiné, le vigneron vient même d'en replanter un hectare, cette année.
"C'est fantastique que des types comme Thierry (photo ci-dessous, ndla) fasse autant d'efforts, s'émerveille le patron de la RVF. Et cette bouteille, épaisse comme une bourguignonne, c'est beau non? Ça a de l'allure... Ces types-là ne cherchent pas à faire fortune. Juste à vivre... Et à faire survivre leur terroir. Attends, tu vas voir..."
Denis hèle aussitôt le serveur en m'adressant un clin d'oeil. Il veut qu'on lui amène l'"autre" Michon. La "petite cuvée", comme il dit. Petit nom: reflets.
"Pinot, Gamay, Cabernet Franc... C'est tout léger, commente-t-il. Très simple, vraiment très joli!"
Elle arrive pour le dessert et glisse avec plaisir sur le fondant au chocolat. Mais décidément c'est la Negrette, plus généreuse, plus sudiste peut-être, qui emportait ce jour-là tous nos suffrages.