dimanche 21 décembre 2008

Décoincez-vous la bulle!


Évidemment, le Champagne c'est délicieux. Une Saignée de Sorbée, une des cuvées de Selosse (pas forcément la plus chère...) ou un extra-brut de Jacquesson feront toujours de jolis réveillons. Pourtant, à l'ombre de ces champenois fiers et commercialement dominateurs, quelques précieux vignerons proposent de jolies variantes aux amateurs de bulles. 

Ainsi Gilles Azam, dans la Haute Vallée de l'Aude. Dans son fief de Roquetaillade (à gauche), niché au dessus de Limoux, cet amoureux de Chardonnay et de Chenin propose un crémant nature qui n'a rien à envier au grand frère du Nord. 

Sa Josephine, qu'il a eu le bon goût de laisser nature (non dosée), offre une bulle serrée et un fruité impeccable. Si l'on vous fait la moue, contentez-vous de répondre que récemment un crémant de Limoux glissé à l'aveugle au milieu des crus de Champagne, s'est classé dans les dix premiers. Et qu'on s'est bien gardé, évidemment, d'en faire publicité. 

Autre rival, le pétillant de Vouvray ou de Montlouis. Mais pas n'importe lequel... Au chapitre des droits Chenins, il faut donc (re-) citer la Bubulle de Lise et Bertrand Jousset. Pas seulement parce qu'Emeline de la Quincave en a fait sa "friandise d'apéro". Pas non plus - quoique... - pour la tortue décomplexée de l'étiquette et le ravissant dessin d'enfant imprimé sur la capsule... Mais parce que ce cépage, lorsqu'il est travaillé aussi près du terroir et embouteillé sec, sans une trace de sucre, peut se balader en liberté sur presque tout un repas. C'est sur le fruit. Frizzante. Délicieux.

Au chapitre des curiosités, il faut encore citer le Mauzac nature des Plageoles (Gaillac), un cerdon du Bugey signé Raphaël Bartucci ou la tentative de Michèle Aubery de décoincer, elle aussi, la bulle du coté de la Drome. Résultat: une Clairette qui ne porte pas son nom, inattendue chez cette magicienne du Grenache. Le Tout en bulle est mis en bouteille avec son sucre résiduel et capsulé. Attention, ça réserve parfois quelques surprises... C'est ce qu'on appelle un "vin vivant".

Enfin, pourquoi se priver d'un petit accroc à la religion du raisin-roi?

En fin de repas (ou avant...), certains de mes amis aiment ainsi se perdre aux confins de la Mayenne, sur un joli vin de pomme ou de poire signé Eric Bordelet. Avec ses pommiers et poiriers plus que centenaires (photo), ce vigneron de vergers est devenu l'un des orfèvres du genre. Un cidre millésimé, qu'il appelle Sidre, comme pour se moquer du monde. Un poiré baptisé Granit, incroyablement minéral, pour ne pas ajouter trop de sucres aux douceurs du réveillon. 

Idéal pour terminer en douceur le voyage vers 2009. 


PS: la plupart de ces vins n'excèdent pas 10 euros. 

1 commentaire:

Emeline a dit…

c'est vrai que Bubulle est une merveille, à découvrir ou re-découvrir sans fin! d'autant plus que les vignerons ont eu la finesse de laisser ce pétillant sans SO2...certains disent même qu'il devrait être déclaré de slubrité publique! à bon entendeur...