lundi 6 janvier 2014

Bonne Année... Et à la vôtre!


Janvier, c'est le mois des Voeux...

C'est aussi celui de la reprise des hostilités: c'est qu'après les fêtes, le temps est venu de refaire la Cave. Tant qu'à faire avec de belles quilles. Et dans les semaines qui viennent, où que vous habitiez, les occasions ne vont pas manquer de s'en procurer.

Direction d'abord Montpellier où le Domaine de Verchant accueille la dégustation du VindemesAmis les 26 et 27 janvier. Une fois de plus, comme à Paris début décembre, les habitués seront au rendez-vous. Mention spéciale pour le toujours rare Didier Barral, l'incontournable alchimiste de Faugères... Mais aussi Marcel Richaud (Cairanne), Antoine Aréna (Patrimonio), JB Sénat (Minervois), Maxime Magnon (Corbière), Philippe Valette (Chaintré) ou encore Breton (Loire) et Lapierre (Beaujolais). On en oublie qu'ils ne m'en veuillent pas: de Collioure à la Champagne, de la Loire au Jura, la balade vaut le jus. Lundi soir (sur réservation, 55 euros/vins compris), on pourra s'y régaler d'un dîner made in Fabien Lefèbvre, de l'Octopus (Beziers).

Et parce que les Amis de mes Amis sont aussi mes amis, les insatiables pourront aussi faire un détour par le Domaine de Fabrègues où se tient au même moment la 3ème édition du Off des "Affranchis"... Ou encore Palavas où se réunissent les vignerons de Bio Top.

Sur la lancée, l'année ainsi entamée ou bien parce que vous aurez manqué les premiers rendez-vous, la famille s'agrandit et se retrouve à Saumur pour la 15ème édition de la vénérable "Dive".

Même si le salon est réservé aux "professionnels éco-responsables qui crachent", on peut tenter d'y passer la tête sans grande crainte d'être refoulé. Un truc: demandez Sylvie Augereau, vigneronne et écrivain de talent (enfin) décorée du Mérite Agricole... Félicitez-là... Et ajoutez que vous venez de la part du VindemesAmis... Ça devrait marcher!

Et là, le voyage commence. Dans l'une des plus belles caves de la région et sous le titre mystérieux de "Velours sous la Terre" (Velvet Underground), vont se retrouver pratiquement tous les vignerons qui font chanter les verres sans trahir le terroir: les "Pop" (traduire: bulles), les "Bourgogne N'Roses", les "House" (les vins de Loire parce qu'ils jouent "à la maison") ou encore les "MicRoussillon"... Tous les Amis et toutes les régions de France font le déplacement. Sans oublier la "World Music" des joyeux Géorgiens, fiers Italiens ou cow-boys du Nouveau Monde venus faire un boeuf avec leurs collègues tricolores.

Encore? Une dernière date, alors, pour la route... Et parce que vous insistez.

Début mars, il vous faudra filer à Lille pour la nouvelle édition des "Vins Natures en Nord. Les 8 et 9, les Amis se retrouvent pour leur classiques excursions en terre ch'timi, aux bons soins de Luc Carpentier et de son palais averti.

Bonnes dégustations! Et que l'année vous soit aussi douces que ces nectars. :-)


mardi 19 novembre 2013

Mauvais Sang


Edouard Fortin est l'un de ces jeunes vignerons bio qui font la richesse du Languedoc. Un géant bourguignon, un taiseux, aussi souriant qu'il sait être obstiné. A la tête de quatre hectares de Carignan, de Merlot et de Cabernet en Cabardés, il tentait de faire son chemin avec les moyens du bord: la sueur de son front, son courage et l'aide des copains, comme Marie-Claude et Robert Curbières. C'est dans leur chai de Ventenac que les vins d'Edouard avaient trouvé refuge pour fermenter et passer l'hiver.

C'est là que l'affaire a tourné court dans la nuit du 13 au 14 novembre. La cave a été pillée par des "inconnus". Les cuves vidées consciencieusement... Puis le chai incendié. Détruit.

Edouard, face au silence pesant qui a entouré ce sabotage, a le coeur gros, mais garde intact la volonté d'en découdre. Il fait passer ce message:

"Salut à tous,

Je suis révolté de ce qui m'arrive!!! 

Après avoir encaissé le choc - terrible... - ce n'est plus la haine qui me porte mais la volonté de me battre. Encore. Toujours. Je suis vigneron et je tiendrais le coup, car je sens beaucoup d'amitié autour de moi. Ce samedi, les copains ont organisé une marche de solidarité au stade de Ventenac-Cabardés. Venez-y nombreux, pour dénoncer ces actes mafieux que notre société ne doit pas tolérer. Merci de le diffuser le plus largement possible. Plus on sera nombreux et plus l’enquête avancera. Il faut mettre des noms sur ces gestes criminels. Faire que la peur change de camps.

Merci à vous tous.

Un vigneron blessé mais pas fini.

Edouard"

A l'heure qu'il est, les responsables n'ont toujours pas été identifiés. Le vin est évidemment perdu. Les Amis, eux, se mobilisent pour faire qu'Edouard Fortin, puisse continuer à exploiter son petit Domaine des 4 Pierres, coûte que coûte.


PS : Pour la Manif, le rendez-vous est fixé samedi 23 novembre, À 14 heures 30, au stade de Ventenac-Cabardés (Aude). 



dimanche 20 janvier 2013

A la Vôtre!


Il y a des noms qui vous feront venir sans barguiner, on le sait. Des noms qui tintent à l'oreille des amateurs comme des pros. Ceux qu'on ne présente plus, les pionniers, les ouvreurs, les animateurs du club des vignerons sincères.
Oui, soyez tranquilles, cette année encore "Ils" seront à Verchant pour la Dégust en Sud du Vin demesAmis. Oui, du Bois des Merveilles, du Bianco Gentile, de l'Ebrescade, de la Côte du Py, il y aura!

Mais pour une fois, tiens, venez pour les autres!

Venez goûter ceux qui nous ont rejoint: la negrette vendéenne de Thierry Michon, la belle simplicité des Cabardés d'Edouard Fortin, les Larzac souples du Pas de l'Escalette, les Saint Romain de Sarnain et Berrux, sans oublier le retour en force du Sud-Ouest, Gascogne et Bearn en tête, avec Andiran le revenant, les Madiran profonds de Christine Dupuy ou les
fantastiques Jurançons blancs du vigoureux Jean-Marc Grussaute (photo à gauche).

Voilà... Stars et jeunes vignes, vous trouvez tous les noms sur la liste ci-dessous. Et à Verchant, le 28 janvier, 55 vignerons fiers de mélanger leurs accents et leur passion. Un soucis? Charlotte Senat, grande Prêtresse de l'organisation. Une petite faim? Fabien Lefebvre de l'Octopus et Michel Animat de la Maison Cabrié. What Else... ?


La dégust en Sud du VdmA c'est le lundi 28/01 au Domaine de Verchant, 1 Bd Philippe Lamour, 34170 Castelnau-le-Lez. Prix: 10 euros, un verre Italesse offert.



Ah si! Puisque vous y serez... A 3 kilomètres de Verchant, les Affranchis, vignerons "nature" en diable, tiennent eux aussi dégustation. C'est au Chateau de Flaubergues, 1744 Avenue Albert Einstein - Quartier Millenaire à Montpellier. On y retrouvera d'autres Amis comme Thierry Puzelat, René Mosse, Emile Heredia, Jo Pithon ou les Bretons. Parce que l'Union fait la force... :-)

Les affranchis: Dimanche 27 de 15h à 19h et lundi toute la journée, Chateau de Flaubergues, 1744 Avenue Albert Einstein - Quartier Millénaire à Montpellier. Entrée: 7 euros. 

dimanche 4 novembre 2012

Le retour des Amis

Avec l'automne, revient la dégustation parisienne du Vin de mes Amis. Et comme chaque année, c'est recomposition de ligue dissoute...

D'Arena (Patrimonio) à Valette (Macon),  des Breton (Loire) aux Sénat (Minervois) et des Clairet (Jura) aux Gautherot (Champagne) en passant par la Côte de Py de l'incontournable Jean Foillard (Morgon), trente-trois copains retrouvent le 26 novembre le chemin de la Cartonnerie.

Comme l'an dernier, les amis de Fulgurances joueront de la casserole. Et comme chaque année, la liste complète des vignerons, bouilleurs, alambics et verrier est consultable ici ou là... A bon entendeur! :-)

Dégustation de 10h à 19h, à la Cartonnerie, 12 rue Deguerry, 75011 Paris. Entrée (avec un verre italesse offert): 8 euros.  

samedi 27 octobre 2012

Rituel


C'est un rayon de soleil. Une éclaircie. Un bras d'honneur à la grisaille et à la pluie. Le blanc du vendredi, c'est une revanche. Mais c'est aussi un rituel. Une fête de la Libération. Une action de Grâce.
Le moment où, la tâche accomplie, on s'aventure enfin dans la cave à la recherche de la récompense: la bouteille de raisin doré dont on a rêvé pendant quatre longues journées.

A cet instant, plus de stress, plus de contrainte. Plus d'ascèse, non plus. Le geste est gourmand. On sait que le plaisir ne se fera plus attendre longtemps. Mais pas trop vite... Il faut prendre le temps de choisir son voyage. Et laisser l'Elue rafraîchir doucement. Perdre quelques degrés. Juste ce qu'il faut. Alors viendra le moment d'en faire sauter les derniers remparts, d'extirper le bouchon et de regarder le flot jaune, libéré à son tour, couler jusque dans le verre.

Un instant encore... Pour le nez. Car ce blanc du vendredi, a l'odeur de l'été perdu et retrouvé. Il a l'odeur de l'ombrageux figuier des Sénat (photo) ou celle, voluptueuse, du maquis corse que l'on a parcouru dans les pas d'Antoine Arena.

Un voyage, on vous dit!

Selon les semaines, on empruntera ainsi les chemins pierreux des Corbières à la recherche d'un grenache gris résolument Magnon ou les pentes du Jura à la rencontre d'un Savagnin made in Clairet. On ira se régaler du Macon mûr et tendu des Valette ou des chenins amoureux de l'ami René Mosse... A moins que l'on ne craque pour le magistral Cairanne blanc des Frères Alary. Au gré des envies... De l'inspiration... Des souvenirs.

Parfois, la bouteille accompagnera jusqu'au dimanche un bar ou un mulet rencontré au marché. Parfois, elle n'aura pas même survécu au Premier jour. Car il en est ainsi du blanc du vendredi: son destin n'est jamais fixé d'avance. Et ça en fait tout le goût.


Chaque semaine, retrouvez le "verre du vendredi" sur twitter, #AprèslEffort...

mercredi 15 août 2012

Supers Mann


C'est un endroit magique, comme on en trouve encore en Méditerrannée. Un territoire sans bâtisses, fait de murets en pierres sèches, de vignes et d'amandiers. Pour rejoindre Malagaïto depuis Leucate et sa plage, il faut tourner le dos aux villas et monter par les ruelles du vieux-village jusque sur la falaise. Là, le sentier bordé de friches et de vignes abandonnées, se fait vite caillouteux et étroit. Puis on arrive au paradis...


Malagaïto. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'endroit porte mal son nom. En occitan on pourrait le traduire littéralement par "mauvaise vue". Alors que c'est tout le contraire: des hectares de sable éolien avec vue imprenable sur la mer. Un balcon sur la Grande Bleue.

"Cet endroit a une énergie inouïe", s'émerveille Mireille Mann en parcourant ses Grenaches au soleil couchant. "Ce n'est pas seulement la vue, mais le lieu... C'est habité. En contrebas, dans les grottes, on a trouvé des objets étrusques. Et puis cette "grenachière", elle a une histoire! Ici, les anciens faisaient pousser indifféremment le blanc, le gris et le rouge. Mélés. Ensemble. On essaie de faire revivre ça, sur les parcelles que nous avons défrichées et replantées. C'est de la dentelle, un vrai casse-tête. Mais à vivre, c'est un bonheur. Ici, je peux rester des heures, assise à regarder la mer."
Les Mann sont arrivés à Leucate au milieu des années 2000. Comme beaucoup d'exilés, ils ont repris les vignes dont les locaux ne voulaient plus. Ici au pays du Rivesaltes, c'est le vin doux et les vignes à plat de la Prade qui paient le mieux. Pas le sable éolien et les chemins sinueux de la falaise. L'abandon des uns faisant le bonheur des autres, le couple travaille aujourd'hui quatorze hectares, éclatés en trente parcelles, à cheval sur cinq appellations, de Fitou aux Corbières en passant par le Grenat ou Rivesaltes, justement. Mais ça n'arrête pas Pierre.
"Ici, confie-t-il, on est libres. Et ça, ça n'a pas de prix."
Libre de faire à son goût et à sa sauce. Libre, par exemple, de travailler seize hectolitres de vin dans un oeuf en béton, parce que, dit-il, "ça recréé un mouvement brownien qui maintient les lies fines en suspensions". Il affirme que la méthode, certes peu orthodoxe, "révèle la souplesse et le fruité du raisin". Cette drôle de cuve donne un "Blanc de l'oeuf" (grenache gris, maccabeu et "deux seaux" de muscat) aussi surprenant que bien nommé. De Grenache en Mourvedre ou en Carignan, des Rouges A Siroter (R.A.S, grenache et carignan) à des Fitou plus puissants, des blancs "Gris-Gris" à leur rosé ("Ozé") et à des vins doux surprenants, les Mann baladent ainsi sans complexe des convictions bien trempées et un humour à toute épreuve. Pas du luxe, lorsqu'on vient d'ailleurs...
"C'est sûr qu'ils se foutaient bien de nous au début avec nos idées bio-dynamistes!", rigole Mireille. "Surtout qu'aussitôt passé en bio, on a subi une grosse attaque d'oïdium. Ils nous regardaient nous échiner en rigolant sous cape. Ils m'avaient même trouvé un surnom: il m'appelaient Bio-Woman! Moi, je trouvais ça plutôt joli...".
Sept ans plus tard, au Mas des Caprices, Mireille et Pierre ont mis les rieurs de leur coté. Signe des temps, la coopérative vient de se décider à convertir une dizaine d'hectares en bio. Et les hauts de Malagaïto commencent à revivre: à coté du Sémaphore de Leucate, un berger (breton) vient de s'installer avec ses deux-cent brebis. Mais il faut dire que la vue y est, vraiment, à couper le souffle...

mardi 31 juillet 2012

Le Barbier de ses vignes


Le spectacle parait anachronique. L'outil lui-même semble hors d'âge. Sa dernière sortie date sans doute des années 50-60, lorsqu'on désherbait encore à la force du poignet et des bras.



Longtemps, on a attelé cette "décavailloneuse" au cheval, si habile à se glisser entre les rangs serrés. Puis le tracteur a pris la relève. Puis plus rien. Ou plutôt si: la chimie. A tour de bras et sur ordonnance... Et puis, on en est revenu.Cette image singulière prise début juillet sur les coteaux de la Malepère, c'est donc celle d'un retour aux sources. Mais un retour prudent. Parce que la lame, quoique rouillée, est tranchante comme un coupe-chou et qu'en fait de retourner la terre pour étouffer l'herbe, on a vite fait de trancher une racine ou d'entailler un cep.
Il faut donc laisser le métal s'enfoncer avec délectation dans le petit bourrelet de terre qui couvre les ceps - le fameux "cavaillon" - mais en prenant soin d'éviter de blesser le client.

Et c'est ainsi, ce matin là, qu'après nombre de ses confrères adeptes du bio, Frédéric Palacios s'est fait barbier, le barbier de ses vignes... Tanguant dans les rangées, en une danse insolite qui ferait sans doute sourire les anciens. Mais tant pis pour les moqueurs et tant mieux pour ces grenaches quarantenaires: En Malepère, Figaro est de retour.


A propos de cavaillon (ou caoucel en langue d'oc), on pourra lire aussi une "une maille à l'endroit..." chez les Ledogar et l'explication technique de Jean-Baptiste Senat.