lundi 13 juillet 2009

Voilà l'été, voilà l'été, voilà l'été-é-eh!


L'été, le temps des vacances, des balades dans les vignes et de la maraude dans la fraîcheur des chais. Loin de la technologie et d'internet. Comme chaque année, le blog suspend donc son vol pour un petit mois. Le temps de relire quelques portraits et de méditer quelques coups de gueule, peut-être... Et de repondre au nouveau quizz du Vdma (ici!).

Que cela ne vous empêche pas de déposer ici vos bonnes adresses et le chemin des caves de vos amis...

Et maintenant fouette, cocher!



samedi 27 juin 2009

La revanche de mon Père...


La RVF couvre ce mois-ci de lauriers un certain nombre de nos amis. Coté rouge: Barral, Senat, Cortellini, Elian da Ros et quelques petits nouveaux comme les Deux Ânes ou l'Anhel (Corbières)... En cidre, l'inimitable Bordelet. Mais c'est dans la catégorie rosé que le VdmA tient sa revanche. Grâce au "Brin de folie" de Frédéric Palacios (classé 5ème en Languedoc):
"Le rosé du Mas de mon Père est irréprochable, écrit Philippe Maurange. Un nez délicat, tout en gourmandise et précision aromatique, d'un superbe naturel. Fruit très croquant, sans lourdeur. C'est délicieux, long et finement épicé. Idéal tout au long du repas."
Pour mémoire, c'est ce même rosé que l'inénarrable Comité d'agrément de la Malepère avait doublement averti il y a quelques mois pour "goût de papier" et "manque de netteté". A mon avis, l'un des deux se goure. Mais lequel? Comme dirait Coluche: "la réponse est inclue dans la question... Je fais qu'un voyage!".

Episode précédent: "AOC, rien ne change". A propos des commissions d'agrément on peut aussi lire: "La grosse colère de Marcel", "Vous avez dit typicité" ou encore : "les Caves se rebiffent". Entre autres...

mercredi 24 juin 2009

A la mémoire de Juan


C'était un homme "fatigué par la vie", comme on dit. Trop de travail. Trop de vin, aussi. Ce vin qui rendait Juan un peu taciturne, mais dont il ne se serait privé pour rien au monde. "Agua negra por favor!", lançait-il impérieusement, avec son accent espagnol, au terme d'une longue journée de labeur chez les Senat. L'appel ne souffrait aucun retard. A ses yeux, ces litres d'"eau noire" faisaient partie de son salaire. Longtemps sans toit, il avait appris à se contenter de peu. De boire, souvent.
"De lui, on ne savait pas grand chose, finalement, raconte Jean-Baptiste, encore sous le choc. Je sais qu'il était né à la Mula, en Murcie, le 19 février 49. Il était venu pour la première fois en France en 68, pour rejoindre un oncle près de Nimes. Ensuite, on ne sait pas trop pourquoi, il s'est établi dans l'Aude. Il était un peu solitaire. Mais pour travailler à la vigne, il était toujours au rendez-vous. Pour nous, c'est une page qui se tourne. Et c'est pénible".
Lundi, on l'a compris, Juan Garcia Lopez (à droite, ci-dessous) a passé le sécateur à gauche. Il venait d'avoir 60 ans. Avec lui disparaît la mémoire d'une génération. De ces espagnols qui traversaient quotidiennement les Pyrénées à la fin des années soixante pour vendre leurs bras. A une époque où le Languedoc était flamboyant... Et l'Espagne misérable.
"Cette génération d'ouvriers a largement participé à faire prospérer notre région, rappelle Jean-Baptiste. C'était des durs au mal, des durs à cuire... Ça, ici, on l'oublie un peu trop facilement."
Voilà pourquoi, demain après l'enterrement, les hommes du Domaine Senat et quelques autres iront boire "un cop de vi" à la mémoire de Juan. Un vin exceptionnellement coupé d'un peu d'eau. Parce que c'est comme ça qu'il aimait le boire.

lundi 22 juin 2009

Vaillant champenois


Après les épaules, les cuisses! En descente, ça tire un peu, bien sûr. Mais pour la bonne cause... On l'aura deviné: pas question ici de body-building, mais bien de bricolage viticole. Dans ses vignes du Fonnet, ce jour-là, Bertrand Gautherot teste sa dernière invention : le "sulky des cimes". Le prototype du premier "écimeur" certifié bio. Idéal pour raboter la liane indocile de quelques centimètres, au dessus du dernier fil de fer.
"Avant, on faisait ça à la cisaille à main, raconte Bertrand. Aujourd'hui, dans 99% des cas, on passe la machine et le tracteur. Résultat on tasse les sols, on fait un bruit d'enfer et on stresse une plante qui n'a pas besoin de ça... Là, rien de tout ça: un petit moteur de 200 watts, une scie lente, de la récup, quelques soudures et c'est le bonheur!".
Avant d'y attacher le cheval attitré de Vouette-et-Sorbée, encore fallait-il essayer l'engin. Et voilà comment s'explique la fameuse séance de musculation de la semaine dernière. Depuis, tout est rentré dans l'ordre: l'écimeur a eu droit à un coup de peinture et c'est le puissant Pégase qui a pris la relève...
"Il était temps, ajoute le vigneron. En cette saison, la liane prend facilement dix centimètres en 24 heures! On a beau la palisser, l'attacher et la re-attacher, elle a vite fait de dépasser le dernier fil... Au premier coup de vent, à la moindre pluie, c'est la dégringolade... l'enchevêtrement inextricable... Bref, la jungle!"
A peine Pégase a-t-il fini dans les vignes de Biaune (les parcelles de Chardonnay qui donneront son "Blanc d'Argile"), que déjà le champenois est passé à l'oeuvre suivante: la greffe de 35 ares supplémentaires. Puis il se précipite à la cave où les fameuses "malos" viennent de démarrer.

Déjà, il faut songer à préparer les première mises en bouteilles, prévue pour la fin du mois. Sportif, décidément...

Episode précédent : "Mystère en Sorbée".
On peut lire aussi "Pégase aux vignes" et "Bertrand dans les bras de Sorbée", entre autres...

vendredi 19 juin 2009

Mystère en Sorbée


Mais à quoi donc joue Bertrand Gautherot à pied dans ses vignes avec ce drôle d'harnachement?


Le Mac Gyver champenois (il avait déjà créé le pulvérisateur à base de cannes à pêche) teste-t-il là sa dernière invention? Se prend-t-il pour son cheval préféré? Ou a-t-il inventé un moyen révolutionnaire pour se refaire les abdos avant l'été?
"Mystère", dit-il dans son petit message.
Et la suite au prochain numéro.
 

lundi 15 juin 2009

Une maille à l'endroit...


Une maille à l'envers, une autre à l'endroit... Le labour chez les Ledogar, c'est comme un bon tricot. Acte 1: on "décavaillonne" en famille. Au pied des ceps, le sol aride des Corbières est basculé cul-par-dessus-tête. L'herbe se retrouve racines en l'air. Elle s'étouffe naturellement. Adieu le désherbant... Et bonjour les tisanes en tout genre, de la prèle à l'ortie, pour fortifier la vigne. Sans oublier l'argile et le soufre contre le mildiou et l'oïdium.

Un mois passe et c'est l'acte 2 (photo ci-dessus et dessous à gauche): toujours derrière le cheval, le seul capable de passer entre les pieds noueux, Xavier vient "buter" le sol sous le regard des derniers coquelicots. Autrement dit: il reconstitue le fameux cavaillon qui borde la rangée de vignes. La terre, parfaitement aérée désormais, va laisser filer l'eau rare jusqu'au sous-sol. L'argile rouge de Ferrals-les-Corbières, jouera l'éponge et fera le reste. 

Dans quelques mois, juste après les vendanges, le fruit de ces vignes et de ces soins "natures" viendra rejoindre ceux de vénérables grenache gris et de Maccabeu dans les fût de fermentation du Grand Lauze. A elles trois, les parcelles afficheront une moyenne d'âge de 70 ans. Et le jus, dans un an, 14° beaux degrés. Un Carignan de Corbières, on ne l'attend pas à moins...

On peut lire aussi: "Une affaire de famille" et retrouver d'autres histoires de chevaux dans: "Pégase aux vignes" ou "Douloureuse et tête de pioche"...

lundi 8 juin 2009

La divine surprise de Bruxelles


Mais quelle mouche a donc piqué Mariann Fisher-Boel? A la surprise générale ce matin, la Commissaire Européenne à l'agriculture a décidé d'enterrer son fameux projet de "rosé de coupage". Pour ne pas risquer, explique-t-elle, de "saper l'image du rosé de tradition". Exit donc l'idée saugrenue de réaliser demain des cuvées issues de l'assemblage de vin blancs et de vins rouges. Le rosé restera "de saignée" ou "de presse" (comme décrit précédemment ici), mais "de coupe" point.

Soulagement des puristes... Et de Michel Barnier, encore-Ministre de l'agriculture et tout juste élu au Parlement Européen. On ne peut rêver meilleurs débuts pour le nouvel édile qui rêve, on le sait, de devenir dans la foulée l'un des membres influents de la Commission de Bruxelles. Pour une fois, la tambouille politique aura servi la cause... Ainsi que la mobilisation des producteurs français, italiens, espagnols et suisses (photo ci-dessous), unis pour l'occasion. 

Mais dans l'affaire, quelques masques sont tout de même tombés. Car si on ne peut en vouloir à la danoise Commissaire de ne boire que du lait (?), les observateurs avertis retiendront que les industriels français du vin, eux, n'ont pas défendu bien fort les valeurs du rosé "traditionnel".
"La plupart de mes interlocuteurs me disaient finalement que si les autres le font, il serait dommage de s'en priver...", confiait récemment Michel Barnier.
Pas de petit profit pour ces groupes qui espéraient ainsi écouler des stock invendus (blanc et rouge) sur le marché exponentiel du vin rosé. Ceux-là hurlaient de jour contre les "bureaux de Bruxelles" et le coupage... Mais croisaient les doigts, la nuit, pour que tout se fasse comme prévu. Les voilà fort marris. On ne les plaindra pas...  

Lire les épisodes précédents: "Au nom du rosé" et "Le rosé, cause perdue?"