vendredi 23 janvier 2009

Février sera chaud!


Ça chauffe dur en cette fin janvier rugueuse... Et pas seulement sur le front social. La colère gronde aussi du coté de mes amis vignerons, lassés d'être soumis à ce qu'ils appellent "l'arbitraire des commissions d'agrément" et le couperet la "typicité". Et cette fois, ils montent au front. L'orage devrait éclater le 24 février prochain à Deauville, lors de la Dive Bouteille. (couplée désormais avec le off d'Omnivore).
"Les commissions laissent de moins en moins de marge aux vignerons "alternatifs" (les adeptes du vin nature, ndla) raconte Sylvie Augereau qui organise l'affaire. En Beaujolais un Jean-Paul Brun vient de se faire refuser 300 hectolitres. Et c'est pas franchement un révolutionnaire... On a vraiment le sentiment que le rouleau compresseur est en route". 
A la tête de la fronde: Marcel Lapierre, le vénérable de Morgon. L'un des premiers à avoir renoncé (entre autre) à ces levures qui donne le goût de la plupart des vins "industriels" du Beaujolais. Depuis l'été, il sent le vent tourner et bat le rappel des troupes.
"On ne demande pas le droit de faire n'importe quoi, plaidait-il l'été dernier déjà, devant sa cave de Villié. Simplement le droit d'exister dans l'Appellation. Avec nos différences. Hors des standards et des formats. Nous refuser l'Appellation parce qu'on ne ressemble aux "goûts standards", c'est condamner les plus fragiles. Et nous condamner tous à terme. On peut dire ce qu'on veut mais un japonais préférera toujours une bouteille de "Morgon" à un Vin de Table..."
Vieille antienne, mais actualité brûlante. C'est cette année que doit entrer en vigueur la nouvelle réglementation sur les Appellations d'origine. Les vignerons qui, comme les autres, subissent les effets de la crise, n'ont pas besoin d'ajouter cette galère à celles à bord desquelles ils rament toute l'année.   


ou encore "Les caves se rebiffent" et à propos de la nouvelle réglementation "Elle te plait pas mon AOC".

13 commentaires:

Berthomeau a dit…

Bonjour,

Qui est monté au créneau auprès de l'INAO pour défendre JP Brun ? Bibi la pomme. Les manifs médiatico-bobos à Deauville, désolé c'est du pipeau cher ami. Si l'on veut faire plier le croskill du CAC de l'INAO (voir ma chronique) ce n'est pas en se faisant plaisir et en amusant la galerie mais en s'organisant. Désolé d'être aussi bassement pragmatique mais pour en avoir discuté avec JP Brun lorsqu'il était bien seul face à l'INAO de sa région. Il est d'accord avec mon analyse. Bien sûr les gros egos préfèrent le bruit médiatique au travail de fourmi pour faire triompher les idées, ça pourrait profiter aux autres.
Bien à vous tous.
Jacques BERTHOMEAU

BERTHOMEAU a dit…

Vous pouvez lire pour comprendre mon irritation :

1- Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins AOC le 9 juin 2008 http://www.berthomeau.com/article-20287518.html

2- La valeur des mots : appellation d'origine contrôlée quel contrôle ? le 10 juin 2008 http://www.berthomeau.com/article-20320269.html

3- Petite supplique pour qu’un moratoire soit accordé aux déclassés de l’AOC le 10 juillet 2008 http://www.berthomeau.com/article-21130881.html

Merci

le VdmA a dit…

Intéressant, cher Jacques, de voir comme chacun s'estime mieux placé que les autres pour défendre la veuve et le vigneron... L'une des idées de Marcel (Lapierre) est justement de tenter de coaliser les troupes pour éviter l'hémorragie. Dans un métier d'individus et d'égos, ce ne serait sans doute pas du luxe...

Pour ma part, je ne vois pas en quoi le "bruit médiatique", écume de mes jours, enlève quoi que ce soit au travail de fond. C'est un joli débat, cela dit...

Berthomeau a dit…

Cher ami,

Je ne suis pas le mieux placé puisque j'attaque la main qui me nourrit mais je ne revendique que de la constance pour construire et non défendre un système original, celui des AOC, qui a fondé la notoriété et l'excellence de nos vins.
Je peux aussi, rappeler que pour aller prendre des coups pour défendre JP Brun je me suis senti bien seul. La solidarité... Quand aux veuves je les aime joyeuse comme les vignerons mais pour d'autres raisons.
amitiés de plume vive et libre

JB

pour le bruit médiatique voir ma chronique du jour
L’important c’est moi et mon vin http://www.berthomeau.com/article-27117637.html

Anonyme a dit…

Tous mes voeux de bonheur et un peu de bonne humeur, diable!
Rappel : l'association Sève (sérieux regroupement de vignerons contre ces mêmes agréments) a été créée grâce à cette même Dive Bouteille en 2005. Nous avions alors les pieds dans la boue saumuroise et comptions probablement plus de bobos qu'à Deauville. Cette rencontre de vignerons a toujours été prétexte à mobilisation. Elle prétend seulement leur donner la parole et le discours n'est pas exclusivement "nature". Venez donc y boire un coup pour décompresser, vous m'avez l'air tendu...
Nous espérons effectivement y trouver une écoute des médias parce que les ministères ont l'oreille un poil plus dure. Nous nous y sommes déjà piqués.
Allez, gardez votre énergie pour faire la fourmi. Vous vous trompez d'ennemi.
Moi, j'ai du boulot!
Sylvie Augereau

jean baptiste senat a dit…

M. Berthomeau, l'Histoire ne se soucie guère de savoir qui est le premier d'entre nous à avoir foulé le mont Ararat....
Les vignerons présents à la Dive Bouteille, n'ont pas nécesairement le culte de la minorité.Le plus large rassemblement s'impose.
Quant aux bruits(médiatiques) et aux odeurs....
Jean-Baptiste Senat

Berthomeau a dit…

Bonjour à tous,

La question de l'antériorité ne se pose pas mais celle de l'efficacité de l'action. Avoir les pieds dans la boue même de Saumur importe peu ce qui compte c'est le cambouis des rouages de l'INAO qui prime. Dans le domaine de la chamaillerie je ne suis pas expert et je ne cherche de pous dans la tête de qui que ce soit mais j'ai des oreilles qui entendent les excommunications prononcées par certains à propos de Sève dont parle Sylvie Augereau fait référence.
Qui est allé rencontrer Yves Bénard, Olivier Nasles et les technos de l'INAO pour se battre contre les textes du CAC se référant à la typicité ?
Là est l'important, moi je ne me trompe pas d'adversaire je me contente de railler gentiment le goût du temps pour le bruit médiatique qui ne débouche sur rien.
Bien à vous tous, réfléchir n'est pas un luxe, se faire plaisir et ne faire plaisir qu'aux convaincus ne fera pas bouger d'un cm les bonzes du CAC
Avec mes amitiés

Berthomeau a dit…

C'est encore moi, pour vous détendre lisez donc ma chronique du lundi : " Vin de harem dit vin de fesses " http://www.berthomeau.com/article-26856503.html
bonne journée
et quand vous serez à Deauville un petit coup de Calvados vous donnera du coeur à l'ouvrage

Patrick Baudouin a dit…

Bonjour Sylvie, bonjour à tous,
Sylvie, nous avons fondé Sève, ensemble, non pas "contre les agréments", mais comme son Manifeste, que tu as voté, l'indique : "pour une refondation éthique de la viticulture", "pour le rétablissement d’un "label" public d'AOC crédible et fiable, refondant les AOC sur leurs principes d'origine". Ce n'est pas un détail. Et Sève n'est pas un "regroupement", mais une association avec des statuts. Que chacun se batte à sa façon, là où il est, c'est évident. Mais René Renou, à Monsoreau, nous avait appelé à refuser les chapelles, à éviter la marginalisation, à se battre avec les autres vignerons et dans l'institution. Je suis d'accord que ce n'est pas la seule façon, et que tout le monde n'a pas les mêmes sensibilités. Il faudrait simplement que cela soit au moins complémentaire, et ne pas débiner les fourmis qui bossent dans les soutes. Malheureusement, Sylvie, j'ai assez d'infos, encore toutes récentes, pour savoir que le sectarisme et l'exclusion sont encore à l'oeuvre. C'est dommage, car il y a de gros enjeux qui concernent tout le monde. Et attention de ne pas se tromper de combat : aujourd'hui, on ne se bat plus contre les vieux agréments, même s'ils ont encore fait des dégâts sur les 2007. On se bat dans le cadre de la réforme, des ODG, des OI, de l'habilitation globale des domaines, dont la dégustation n'est qu'une partie (partie surlaquelle Sève a beaucoup bossé l'an passé). Et la prochaine, cette année, c'est AOP/IGP, on retrouve là la segmentation : notre intérêt serait de ne pas y aller en ordre dispersé...Patrick Baudouin

le VdmA a dit…

@ tous: cette série de commentaires sera pour les non-initiés (dont je suis) une spectaculaire illustration des divisions qui vous traversent. Je pensais que ce post pouvait vous rassembler. Il vous divise encore plus et avec une violence inouie.

Pardon de cette naïveté. Mais il est vrai qu'en la matière je suis né de la dernière pluie... Sans doute n'est-ce pas plus mal.

pinardier a dit…

entièrement daccord avec VDMA, en plus, vu de l'extérieur on ne comprend pas grand choses à ce qui vous divise... divisés pour une même cause, quelle drôle de stratégie!
@berthomeau: "Bobo" est devenu une insulte Bettanesque un peu trop facile, faites preuve d'un peu d'imagination.
Et pour le côté médiatique: il faut se battre avec les armes dont on dispose, il n'y a aucune honte à cela.

Anonyme a dit…

Bonjour à tous,

Il m'importe peu de savoir qui a fourni le travail, qui a fait quoi en premier.
Nous avons tous une idée commune de l' aoc que nous idéalisons.

Chaque jour nos adversaires avancent au travers de la nouvelle procédure: Agrément, suivi aval qualité, contrôle des outils du contrôle. Et surtout la future segmentation !!!

Et nous on crève un peu plus chaque jour. Et nos rangs sont toujours moins nombreux.

J'ai adhéré à SEVE, et signé l'appel de Marcel. Parce que j'ai peur de crever au final aussi.

Donc, Patrick, Jacques signer ce texte me parait encore bienvenu. Sans ergoter sur la virgule le machin le truc...

A moins que il ne faille créer autre chose que les aoc dont nous serons exclus tôt ou tard. Un outil commun à destination commerciale. Car les aoc privées de leur diversité seront vidées de leur contenu et finiront par s'éteindre elles aussi.
Ce sera du perdant-perdant.

La seule question est que fait-on transitoirement ?

Amicalement à tous

Olivier De Moor

Berthomeau a dit…

Cher Olivier de Moor,

Pour signer un texte encore faut-il en avoir connaissance ?

Quand à pinardier, caviste à Poitiers, je lui ai répondu sur mon blog sa remarque n'a rien à voir avec la choucroute les bobos ne sont pas un problème pour moi.
Bien à vous tous