samedi 14 juin 2008

Le ciel est tombé sur Emile


Emile Heredia, c'est un personnage. De son ancien métier de photographe de presse, il a gardé l'oeil vif, la langue bien pendue et une détermination à toute épreuve. Comme celle qui consiste à mener de front deux domaines: l'un à Montrieux, sur les bords du Loir; l'autre,
le Domaine des Dimanches, en Languedoc. Ce samedi-là, aux Caves Augé, il peine pourtant à faire bonne figure. C'est que le ciel vient de lui tomber sur la tête: 
" Avec toute ces pluies, ma cave s'est effondrée... Je n'ai pas les épaules financières pour me relever d'un coup pareil. Profitez-en dit-il, avec un triste sourire, à ceux qui sont venus déguster les incomparables Pineau d'Aunis de son "Verre des Poètes". Profitez... C'est peut-être mon dernier millésime en Vendômois."
Et pour cause: la semaine dernière, le plafond de la cave creusée dans le tuffeau a cédé sous la pression de l'eau. Un éboulement, explique-t-il, bloque désormais l'entrée. Impossible d'accéder à ses dernières palettes de "Boisson Rouge", le frizzante qui a fait sa réputation. Emile craint même que la pierre, fragilisée par l'eau, ne se soit effondrée bien au delà: là où se trouvent les cuves dans lesquelles ses rouges 2006 et 2007 attendaient patiemment l'heure de la mise en bouteille. Pour lui, le coupable est tout désigné:
"C'est simple: la cave est creusée sous une quinzaine d'hectares de coteaux, désherbés en totalité. Là dessus, c'est le désert. Résultat: l'eau ne s'écoule plus. elle traverse. L'autre jour par exemple, il est tombé 30 millimètres en un malheureux quart d'heure. Ce sont plus 40 mètres cubes d'eau qui sont passés à travers. C'est le gars qui fait du vin nature qui prend sur la figure le résultat de trente ans de chimie! C'est tout de même un peu dur à digérer...".
Cette semaine, Emile Heredia attendra donc de pied ferme la pelleteuse. Lorsque l'entrée de la cave sera dégagé, il en aura le coeur net. Il saura si il peut espérer d'autres millésimes. Ou si, après neuf ans de travail acharné, l'aventure vendômoise s'arrête là. 

  

5 commentaires:

olif a dit…

Samedi 21 juin, Emile hérédia fait déguster ses vins du Languedoc et du Vendômois dans le Jura à Port-Lesney.

Espérons que le moral sera revenu au beau fixe, tout comme le soleil!

Anonyme a dit…

Bonjour,
avez-vous des nouvelles d'Emile Herédia ? qu'en est-il de l'effondrement de sa cave ?
FrançoisV

Guillaume a dit…

Moi aussi j'aurais bien aimé savoir ce qu'était devenu la cave du sieur Hérédia... Vous en parliez avec tellement d'empathie !

Bravo en tout cas pour ce blog, ça fait du bien d'en lire un si bien écrit !

levindemesamis a dit…

@François, guillaume et ceux que les mésaventures d'Emile ont touché: aux dernières nouvelles, ce lundi 30 juin, l'ami Hérédia est toujours face au mur.

Il a perdu son étiqueteuse et les assurances se font tirer l'oreille pour le rembourser. Il ne peut pas accéder à ses bouteilles, qui elles, heureusement n'ont pas souffert. Faute de trouver une entreprise pour dégager la partie effondrée, Il se dit déterminé à tenter de dégager seul l'entrée de sa cave ce mercredi.

Il "tente de tenir le coup", comme il dit.

Chupchup a dit…

Bonjour,
je sors de la dégustation d'un Boisson Rouge ... des nouvelles de la cave d'Emile Heredia ??